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Tu vois ! Qu’est-ce que tu vois ?
Tu ne vois rien du tout. Tu écarquilles les yeux, c’est tout.
Bertolt Brecht, La Vie de Galilée


L’ÉCARQUILLÉ est une revue indisciplinaire sur l’image, où la recherche, dans toutes ses exigences, fraye avec la création. Son terrain couvre le champ et le hors-champ de l’histoire de l’art. Elle propose à des auteurs de tous horizons de s’aventurer sur ces friches avec leurs propres outils : elle publie ainsi des textes à la croisée des différents savoirs, suivant une perspective transhistorique. Elle invite à explorer les espaces de création où l’image se déploie le plus intensément, dans toute sa richesse sémantique. Ces espaces vibrants du visible, elle les envisage comme matière vivante. Elle met au jour leurs dimensions historique, esthétique, anthropologique, symbolique. Elle s’interroge sur nos capacités à voir et à inventer, à partir de ce que nous voulons voir ou ne pas voir.
Pour y parvenir, la revue fait place à des études qui témoignent de l’actualité et de la vitalité de la recherche internationale dans toutes les sciences humaines et sociales, dès lors qu’elles se mettent en quête du travail des images, des expériences intérieures qu’elles mobilisent en nous, au-delà de leur seule visibilité. Elle explore aussi les variations à travers le temps de la pensée sur l’image, en donnant des traductions en français de textes inédits, disparus ou méconnus, et en les plaçant en situation de dialogue avec le présent. Soucieuse d’articuler théorie et empirie, elle donne la parole aussi bien aux chercheurs en sciences humaines qu’aux artistes visuels, écrivains, chorégraphes, musiciens.
Face à l’imagerie médiatique, L’ÉCARQUILLÉ désire redonner toute sa puissance et sa richesse de signification à la création visuelle, abordée au prisme du tracé, de l’empreinte et de la représentation. Elle considère l’image comme matière à penser, expérience de vérité, moteur d’énergie et force de transformation.
À chaque livraison, la revue articule ses contenus autour d’un thème, pour lequel elle invente une mise en pages et un habillage spécifiques. Agencement singulier de textes de référence et
d’études inédites, d’images qu’elle donne à lire autant qu’à voir, L’ÉCARQUILLÉ est un objet vivant qui exalte la fertilité de la
recherche sur l’image pour mieux en saisir l’efficace.
En bref : une revue qui invite le lecteur à tendre l’oeil et à prendre soin du visible.